Une histoire de lynx

2 septembre 2010

Il y a très longtemps de cela, ma mère nous avait conduit, mon frère, ma sœur et moi, voir un film racontant une histoire de lynx qui se passait quelque part en Russie. J’avais gardé un souvenir flou de ce film qui a peut-être contribué à mon intérêt pour ce pays. Internet et You Tube m’ont permis de le retrouver. Il s’agissait du film d’Agassi Babaian, un réalisateur soviétique d’origine arménienne1 , intitulé Тропой бескорыстной любви (1971), soit, mot à mot, « sur le sentier de l’amour désintéressé ». En français, le film s’appelait Kounak, le lynx fidèle. Babaian, qui s’était apparemment spécialisé dans les films d’animaux pour enfants, en avait fait le premier d’une série de quatre films. Lire le reste de cet article »

  1. Babaian a également réalisé en 1961, 14 ans avant Kurosawa, une première adaptation cinématographique du récit de Vladimir Arseniev, Dersou Ouzala. []

À propos de « L’essence du politique » (2)

26 août 2010

Julien Freund fait bien entendu référence à Max Weber et à sa célèbre définition de l’État moderne comme « groupement de domination de caractère institutionnel qui a cherché (avec succès) à monopoliser, dans les limites d’un territoire, la violence physique légitime comme moyen de domination et qui, dans ce but, a réuni dans les mains des dirigeants les moyens matériels de gestion » (Weber, 1959, p. 108). Il propose de distinguer les concepts de puissance, de force, de violence. Mais le lecteur reste insatisfait. Gagne-t-on, par exemple, à englober comme Freund, dans la définition de la force, les différents effets de sens possibles du mot, y compris donc la « force » d’une démonstration mathématique ?

Il vaut le coup, donc, de revenir sur ces différents concepts, moins pour réfuter l’argumentation de Freund, que pour la préciser. Lire le reste de cet article »

[Revu 7/08/10] Incendies de forêt en Russie et autres liens en écologie humaine

7 août 2010

NB. Je transforme ce billet qui, au départ, parlait seulement des incendies de forêts en Russie en billet de liens divers intéressant l’écologie humaine. La liste pourra s’étoffer tout au long du mois d’août. Lire le reste de cet article »

A propos de « L’essence du politique »

5 août 2010

Un commentaire du Passant1 sur mon précédent billet m’amène à anticiper sur une série de billets que j’avais (vaguement) prévus à partir d’une lecture de Julien Freund. Jusqu’ici, je connaissais seulement de Freund ses textes d’introduction à la sociologie de Max Weber ou de Georg Simmel. La lecture de cette étrange conversation imaginée entre un certain Pierre Bérard2 et Julien Freund m’a donné envie d’en savoir plus sur la sociologie de Freund lui-même. Lire le reste de cet article »

  1. J’en profite pour signaler son nouveau blog que je découvre du même coup et qui vaut le détour. []
  2. Non, ce n’est pas le patron du refuge bien connu de tous ceux qui ont fait le tour des Aiguilles Rouges et l’ascension du Buet ! []

Je n’accepterai pas, je ne tolérerai pas…

19 juillet 2010

J’ai déjà cité ici, en même temps que les propos de Raymond Aron sur le fait que « personne [en tous cas parmi les sociologues un peu sérieux] n’a jamais nié la lutte des classes », un article à mon sens remarquable (et d’ailleurs remarqué en son temps) de Marcel Gauchet, intitulé « Les mauvaises surprises d’une oubliée : la lutte des classes », paru en 1990 dans le numéro 60 de la revue Le Débat, et repris en 2002 dans le recueil La démocratie contre elle-même. Mais ce n’est pas à ce sujet que j’y reviens aujourd’hui. Lire le reste de cet article »

Petit lexique de la doxa

5 juillet 2010

Une conversation téléphonique entendue dans un TGV (je n’entendais bien sûr que l’un des interlocuteurs) m’inspire ce petit lexique de la doxa (contribution à un nouveau dictionnaire des idées reçues).

Politiquement correct : il n’est pas bien de l’être soi-même ; ce sont donc les autres qui le sont ; mais je me dis qu’il va peut-être devenir très politiquement correct de ne pas se vouloir politiquement correct.

Bien-pensance : pour ceux qui ne se veulent pas politiquement corrects, elle est en général la pensée de ceux qui sont politiquement corrects (voir ci-dessus).

Impôts : on en paie trop en France, mais que voulez-vous : « c’est la France » et il est « typique » en France de défendre l’impôt ; on peut donc en déduire qu’il n’est pas « typique », mais au contraire original, innovant et courageux, de s’en plaindre ; en tous cas, ce ne serait pas « politiquement correct ».

Typique Apparemment synonyme de commun, reçu, banal, sans aucune originalité et de surcroît « politiquement correct ». Bien sûr, on peut dénoncer un discours « typique » sans se rendre compte un seul instant que son propre discours, qui ne fait que sasser et ressasser les plaintes et les lieux communs les plus éculés, est lui même « typique ».

Note de lecture : Alain Ehrenberg, La société du malaise

25 juin 2010

C’est dans un commentaire d’un billet du mois d’avril qu’un de mes lecteurs me demandait mes analyses sur le dernier livre d’Alain Ehrenberg, La Société du malaise (Odile Jacob, 2010). Le commentaire ne venait pas sans raison (on comprendra pourquoi ci-dessous) après un billet où je mentionnais ma relecture de L’Homme sans gravité du psychanalyste Charles Melman, en faisant état d’une difficulté chez Melman liée à la conception (freudienne) de la perversion comme le négatif de la névrose.

Ayant lu depuis le livre d’Ehrenberg, je suis en mesure de répondre partiellement (par quelques questions inspirées de cette lecture) à cette demande qui m’était faite. Lire le reste de cet article »

Contrer le pouvoir des lobbies financiers

23 juin 2010

C’est dans le second volume de La Démocratie en Amérique que Tocqueville invitait « les amis de la démocratie » à « sans cesse tourner avec inquiétude leurs regards » du côté de « l’aristocratie industrielle » alors naissante ; « car, si jamais l’inégalité permanente des conditions et l’aristocratie pénètrent de nouveau dans le monde, on peut prédire qu’elles y entreront par cette porte » (De la démocratie en Amérique, t. II, chap. XX).

Ce qui pour Tocqueville était une inquiétude est aujourd’hui une réalité : celle d’une pression quotidienne exercée sur les gouvernements par l’industrie financière et banquière afin d’influencer à son profit les lois qui la régissent. Lire le reste de cet article »

Le crépuscule de la philosophie

12 juin 2010

Ce que j’avais lu dans la presse ne m’avait pas donné envie de lire le livre de Michel Onfray, Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, d’autant plus que je répugne en général à me laisser imposer mes lectures par les médias. Mais il se trouve que le livre figurait en bonne place sur le présentoir des nouvelles acquisitions à la bibliothèque universitaire. Un peu étonné d’ailleurs, j’ai fini par céder à la curiosité, face à un livre qui a suscité quelque brouhaha médiatique ces derniers mois : je l’ai emprunté. Je n’ai pas été déçu : c’est encore pire que je ne le pensais ! Lire le reste de cet article »

Conséquences sociales de la mondialisation

10 juin 2010

Un abonnement d’un an à Alternatives économiques : 49 €

Pour la synthèse de la littérature, y compris peer reviewed, déjà abondante, je n’en doute pas, sur la question, on a le choix entre :

— Tarif d’entrée de gamme : vacataire niveau master 2 (bac + 5) : salaire horaire net de 9,27 €, soit un coût horaire total pour l’employeur de 15,97 € ;

— Meilleur rapport qualité/prix : docteur en sociologie ou en économie (contrat post-doc, indice brut 473, quotité 100%) : salaire mensuel net 1548,69 €, soit un coût total mensuel pour l’employeur de 2689,35 €.


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