Contrer le pouvoir des lobbies financiers

23 juin 2010

C’est dans le second volume de La Démocratie en Amérique que Tocqueville invitait « les amis de la démocratie » à « sans cesse tourner avec inquiétude leurs regards » du côté de « l’aristocratie industrielle » alors naissante ; « car, si jamais l’inégalité permanente des conditions et l’aristocratie pénètrent de nouveau dans le monde, on peut prédire qu’elles y entreront par cette porte » (De la démocratie en Amérique, t. II, chap. XX).

Ce qui pour Tocqueville était une inquiétude est aujourd’hui une réalité : celle d’une pression quotidienne exercée sur les gouvernements par l’industrie financière et banquière afin d’influencer à son profit les lois qui la régissent. Lire le reste de cet article »

Contre-révolution libérale ou illibérale ?

13 février 2010

Afin de préciser mes références, je reprends ici un commentaire posté sur le blog de Paul Jorion en réponse à un billet invité intitulé “la fin de la contre-révolution libérale”.

Faut-il parler de contre-révolution « libérale » ? Rien n’est moins sûr. Tout dépend en tous cas de la définition que l’on donne de cet adjectif pour le moins galvaudé. Faut-il rappeler que le mot « liberal » aux USA (cf. The Conscience of a Liberal de Krugman), prononcé par un néo-conservateur justement, devient quasiment synonyme de « gauchiste » chez nous ? Lire le reste de cet article »

Repentance et intolérance

16 janvier 2010

Cherchant à expliquer l’attitude des intellectuels, impitoyables aux défaillances des démocraties, indulgents aux plus grands crimes, pourvu qu’ils soient commis au nom des bonnes doctrines, je rencontrai d’abord les mots sacrés : gauche, Révolution, prolétariat. (Raymond Aron, L’opium des intellectuels, 1955)

On sait que les effets de cet opium mirent du temps à se dissiper. Dans les années qui suivirent mai 1968, combien de ces intellectuels (dont les sociologues) étaient plus attentifs à la paille dans l’œil de l’oncle Sam qu’à la poutre dans celui de Mao ou de l’oncle Hô ? Lire le reste de cet article »

Appel pour la démocratie en Iran

1 novembre 2009

Parce qu’il ne suffit pas de se souvenir de la chute du mur de Berlin, parce qu’il reste d’autres murs à faire tomber, parce que le régime mortifère des mollahs est peut-être pire encore que ceux qui s’effondraient à l’est il y a vingt ans, je relaie, une fois n’est pas coutume, l’appel de Reza Pahlavi pour la démocratie en Iran, diffusé sur le site iran-resist.org :

Le drapeau iranien

Des petits trous, toujours des petits trous…

23 septembre 2009

Encore mieux que Rocard :

« Le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone qui créé un trou dans la couche d’ozone et qui brise les équilibres de la planète » (air un peu inquiet : « Euh… j’ai dit une bêtise là ? »).

Interview du Président N. Sarkozy au journal de 20 heures, en direct léger différé de New York, il y a quelques minutes.

Ou comment prendre des décisions au plus haut niveau (l’ONU, mar plij !) sur des sujets dont on n’a pas la moindre compréhension.

Nos arrières-petits-enfants mourront rôtis sur une poêle à frire à cause de l’oxyde de carbone !

10 septembre 2009

Si, si… c’est l’ambassadeur des pôles et le président de la conférence d’experts sur la création d’une taxe carbone, ou Contribution climat énergie (CCE), qui le dit, dans un salmigondis d’inculture scientifique comme on en fait peu :

Le principe, c’est que la terre est protégée de radiations excessives du soleil par l’effet de serre, c’est à dire une espèce de protection nuageuse, enfin protection gazeuse qui dans l’atmosphère est relativement opaque aux rayons du soleil. Et quand nous émettons du gaz carbonique ou du méthane ou du protoxyde d’azote, un truc qu’il y a dans les engrais agricoles, on attaque ces gaz, on diminue la protection de l’effet de serre et la planète se transforme lentement en poële à frire. Le résultat serait que les arrière-petits-enfants de nos arrière-petits-enfants pourront plus vivre. La vie s’éteindra à sept huit générations, c’est complètement terrifiant. Alors pour faire ça, il faut diminuer ce qu’on émet comme oxyde de carbone (sic) et on a commencé par attaquer les grandes sources de ça qui sont la production d’électricité et des productions comme le ciment, le béton, l’acier, l’aluminium ou les matières plastiques qui consomment énormément d’énergie en les fabriquant. Et pour ça, on a inventé les quotas…

La suite ici (avec le son c’est encore mieux).

Il n’a rien compris, il en rajoute une grosse couche, je dirais même plus une couche grossière1… mais par contre il tient tenait absolument à nous taxer ! (Ce qui est chose faite depuis hier. Mais quand les inventeurs d’un nouvel impôt démontrent à ce point qu’ils n’ont absolument rien compris au phénomène censé justifier le dit impôt, il y a quand même comme un problème.).

(Je n’écoute pas France Info. Merci au site Pensée unique pour avoir attiré mon attention avec ses bonnets d’âne).

  1. « La vie s’éteindra à sept huit générations, c’est complètement terrifiant » ! Sans même parler des controverses scientifiques, on peut lire et relire la thèse dominante exposée dans le résumé pour les décideurs du GIEC, on ne trouvera aucune « prévision » de ce type, pas même accompagnée de la formule d’usage very likely ! []

Šťastný nový rok - Štastlivy novy rok

2 janvier 2009

Alors que la République tchèque a pris la succession de la France à la présidence semestrielle de l’Union européenne, la Slovaquie a rejoint la zone euro, dont elle devient le seizième pays. Souhaitons-lui la bienvenue.

C’est aussi l’occasion de revenir sur une idée reçue tenace qui rend l’euro responsable de l’inflation que nous avons connue au cours de la décennie écoulée. « Moi je vous dis, depuis le passage à l’euro, les prix ont augmenté ! Certes, ma bonne dame, mais ils ont également augmenté chez nos voisins britanniques qui n’ont pas souhaité intégrer la zone euro, ainsi que chez nos voisins danois qui ont refusé l’euro par référendum en septembre 2000 » (graphiques ci-dessous). Simultanéité ne veut pas dire causalité.

Les deux graphiques ci-dessous présentent l’évolution des indices des prix à la consommation harmonisés pour quatre pays de l’Union européenne, deux appartenant à la zone euro (France et Allemagne) et deux n’ayant pas intégré la zone euro (Royaume-Uni et Danemark). Le premier graphique montre l’évolution depuis le 1er janvier 1999, le second depuis le 1er janvier 2005. Cliquer sur l’image pour agrandir.

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Souvenirs? … à peine !

24 novembre 2008

Allez, j’ai un peu hésité, mais par les temps qui courent…

C’était du direct à l’époque ! En prime time !

Un grand déboussolage

18 novembre 2008

Des députés qui observent une minute de silence en mémoire de leur collègue qui vient de se tirer une balle dans la tête après avoir assassiné sa maîtresse… ces mêmes députés qui avaient voté les peines plancher, la rétention de sûreté et le jugement des déments (voir le blog de maître Eolas).

Une première dame qui se fait l’avocate des « minorités visibles » en soutenant l’appel pour l’égalité des chances. La voici qui déclare dans le Journal du dimanche : «Le pouvoir a souvent la même tête : des hommes blancs et plutôt âgés. […] Les gens des cités doivent devenir le pouvoir, eux aussi, à leur tour ! » On pourrait lui suggérer, pour commencer, d’inciter son mari à faire pression sur le nouveau maire de Neuilly pour que la loi SRU qui impose 20% de logements sociaux dans toutes les communes y soit enfin appliquée… en faisant en sorte que ces logements sociaux neuilléens ne soient pas seulement des PLI, ILN ou autre PLS, mais aussi des HML, PCL, PLAI et PLUS occupés par ces mêmes « gens des cités » que la dame entend promouvoir. Mais là non, il ne faut quand même pas exagérer… Pourtant les vrais inégalités commencent avec la ségrégation spatiale, les conditions de logement…

Une énième « autorité administrative indépendante » qui veille désormais à la political correctness des manuels scolaires : on ne devra plus voir dans ces derniers une photographie de retraités sur la Côte d’Azur, assis sur un banc à regarder la mer. Ce n’est pas bien : cela « véhicule fortement des stéréotypes envers les seniors » . On ne pourra peut-être plus faire étudier aux élèves le poème de Ronsard, « Mignonne, allons voir si la rose », car ce poème est accusé de véhiculer « une image somme toute très négative des seniors ». Ce qui n’est pas bien non plus. Ou alors, il faudra étudier aussi un poème qui donne, lui, une image plus positive des mêmes seniors (mais je ne suis pas sûr que « L’art d’être grand-père » de Victor Hugo ait la faveur de la Halde : ne donne-t-il pas une image stéréotypée des grands-pères tout en discriminant les grands-mères ?). On devra voir apparaître un peu plus de seniors, de « minorités visibles », d’homosexuels et de handicapés dans les exercices de mathématiques (ça ce sera bien) ainsi que des « relations homosexuelles dans le cadre de la sexualité des animaux » (sic !) dans les manuels de SVT (ce serait bien aussi). (Il faudra un jour dire quelques mots de la pseudo sociologie-communautariste-individualiste-à-la-Evelyne-Thomas-c’est-mon-choix qui sous tend cette political correctness, pseudo sociologie selon laquelle le gentil individu est forcément brimé et déformé par la méchante société qui lui impose tous ces vilains stéréotypes.)

Un grand déboussolage. Vraiment.

24 octobre

24 octobre 2008

Le 24 octobre 1929 est l’une de ces dates qui font événement : ce fut à Wall Street le fameux jeudi noir.

A 13 heures, ce 24 octobre 2008, le CAC 40 est de nouveau en chute à moins 8,13% après avoir même atteint les moins 10% en fin de matinée.

Les “marchés”, comme on dit, ont le sens des anniversaires (on verra ce soir) ! Mais ça ne fait même plus événement tellement nous sommes habitués depuis quelques semaines aux journées noires.

C’est l’occasion de saluer une nouvelle fois ces alarmistes qui ont vu juste en n’oubliant pas que d’autres “alarmistes” attirent depuis longtemps l’attention sur la crise écologique à venir sans être beaucoup plus entendus… Il faudra sans doute, là encore, que chacun en ressente les effets directs dans sa vie quotidienne pour commencer à réagir. L’espèce humaine est-elle condamnée à se comporter comme la grenouille chauffée dont nous parle Olivier Clerc de la légende ?

PS. Il va falloir trouver une autre image que celle de la grenouille chauffée (cf. les commentaires ci-dessous). Ce qui ouvre d’ailleurs une piste de réflexion anthropologique (peut-être déjà explorée par quelque chercheur) : l’être humain, les sociétés et les civilisations réagissent-ils plus vite et plus efficacement à un choc qu’à une lente dégradation ? Si oui, pourquoi ?


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