[Revu 7/08/10] Incendies de forêt en Russie et autres liens en écologie humaine

NB. Je transforme ce billet qui, au départ, parlait seulement des incendies de forêts en Russie en billet de liens divers intéressant l’écologie humaine. La liste pourra s’étoffer tout au long du mois d’août.

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Liens sur les incendies en Russie donc :

Mon entrée via Google sur JOTMAN.COM.

Des cartes des incendies obtenues à partir des données fournies par le Fire Information for Ressource Management System (données des capteurs MODIS des satellites Terra et Aqua).

Voir aussi ces cartes et images obtenues à partir des données fournies par le même capteur MODIS du satellite Terra de la NASA (programme Earth Observing System), avec mise à jour à chaque passage du satellite. Il faut d’abord choisir la région (voici par exemple les images et le calendrier pour la région de Moscou). Attention : la lecture des images n’est pas si intuitive que cela. Il faut aussi un temps d’apprentissage.

Le blog qui donne les premières cartes essaie aussi d’organiser la collecte de dons pour les sinistrés ou simplement recueillir les informations, les témoignages

Sans oublier cette chanson, entendue ici comme une prière à la pluie :

(coïncidence, c’est la version instrumentale d’une autre chanson qui fut reprise aussi en français par Marie Laforêt — quel jeu de signifiants ! — qui servit longtemps de musique de fond pour le bulletin météo en URSS : )

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Pour aller plus loin sur l’écologie en Russie

Le portail de l’Union socio-écologique (Социально-экологический союз), une de ces organisations émanant de la société civile, créée dans les dernières années de l’URSS, à la faveur de la Perestroïka. Il y a une version en anglais, mais moins complète.

Sur la question de la forêt, on trouve beaucoup de choses sur le site (non gouvernemental) www.forest.ru (lien vers la version en anglais).

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« Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent »

Cette phrase devenue incontournable dans toute « réflexion » sur la forêt (plus de 3800 occurrences quand on la saisit entre guillemets dans Google) est attribuée partout à Chateaubriand. Mais bizarrement, je n’ai pu la trouver nulle part dans Chateaubriand. Un site anglophone de citations sur le thème de la forêt m’a mis sur une piste. La dite phrase aurait été attribuée à Chateaubriand par Aldous Huxley dans une série de conférences faites en 1959 à Santa Barbara en Californie et publiées après sa mort dans le livre The Human Situation (1977). L’influence d’Huxley sur la contre-culture américaine des années 1960 et 1970 (c’est après avoir lu The Doors of Perception, par exemple, que Jim Morrison appela son groupe The Doors) et donc aussi sur le mouvement écologiste naissant pourrait alors expliquer le succès de cette citation, dont plus personne, bien sûr, ne connaît l’origine exacte. Hypothèse à vérifier bien sûr, intéressante pour l’étude de la façon dont se construit une doxa. Maintenant, si quelqu’un m’apporte la preuve que c’est bien du Chateaubriand, je suis preneur.

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Le mouvement de récupération de leurs terres par les Indiens Lakotas

Lakota Land, Terre de survie, un film ethnographique de Sophie Gergaud.

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Ville et nature

Une animation dans le cadre des dossiers Sagascience du CNRS.

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2 réponses à [Revu 7/08/10] Incendies de forêt en Russie et autres liens en écologie humaine

  1. anthropopotame dit :

    En effet, on reconnaît « Viens viens » puis « Manchester et Liverpool ».
    Qu’as-tu pensé de l’édito du Monde sur l’incurie de Poutine, la déresponsabilisation des gouverneurs et le laminage des pompiers?

  2. Jean Michel dit :

    Bah… Oui, ils mettent en cause Poutine et sa « verticale du pouvoir ». Je pense tout simplement que Poutine n’en avait rien à f…. jusqu’ici de ces questions de gestion de la forêt et des tourbières. Une collègue sociologue russe me disait déjà il y a des années que toutes ces questions n’étaient pas jugées sérieuses par les politiciens russes, qui les voyaient comme des questions de « gonzesses ». Mais les choses ne se seraient pas mieux passées du temps d’Eltsine ou de l’URSS. Il faut quand même se souvenir de la façon dont avait été gérée la catastrophe de Tchernobyl ! Qui n’était pas complètement étrangère au fait que le premier mot d’ordre des réformes de Gorbatchev ne fut pas glasnost’ (transparence) ou perestroika (réforme) mais uskorenie (accélération) ! Bon, quand on accélère un système usé jusqu’à la corde, ça craque de partout. Il faut aussi se souvenir de toutes les magouilles au temps de Brejnev autour des champs de coton de l’Asie centrale et de l’assèchement de la mer d’Aral. Des grandes tempêtes de poussière (type Raisins de la colère) quand Krouchtchev lança le programme de défrichement des terres vierges dans la zone des steppes. La grande différence c’est qu’à l’époque soviétique il y avait un black-out total sur ce genre d’informations. Officiellement, il n’y avait jamais de catastrophes en URSS.

    Après coup, Gorbatchev avait quand même admis (cf ses mémoires) que l’accident de Tchernobyl avait révélé la faillite du système et avait obligé à transformer ce qui n’était qu’une perestroïka en LA perestroïka. Du coup, le système s’était effondré définitivement. Dans le cas présent, il faut attendre : quelles leçons va en tirer le pouvoir ? Va-t-il en tirer ?

    Mais c’est dommage car il y a une vraie culture de l’écologie qui n’est pas du tout plaquée à partir de l’Occident mais s’enracine au contraire profondément dans l’histoire des sciences (Bolotov, Dokoutchaev, Vernadski, etc.) ou de la littérature russe chez une partie de l’intelligentsia. Mais elle est complètement marginalisée. Je pense que, parmi les Russes eux-mêmes, peu de gens malheureusement la connaissent.

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