Ecologie et politique

Face aux diverses alliances vertes et rouges, faut-il rappeler le bilan écologique et humain du communisme (URSS, Chine...) ?

Mais le recyclage écologiste, depuis 25 ans, de la gauche socialo-communiste est venu à point pour faire oublier tout cela (et pas seulement en France. cf. par exemple titre 1, §2, du programme du KPRF).

La RDA (sic !), dans cette optique, ne devient-elle pas un modèle, échappant, contrairement au capitalisme, à la mythique « obsolescence programmée » ?

Le dernier exemple est certes grossier. Mais le tour de passe-passe idéologique fonctionne à plusieurs niveaux. La Grande parade, toujours.

(Billet qui pourrait déboucher sur des billets plus construits. Au-delà de la polémique, il y a un vrai travail de recherche socio-historique à faire sur le sujet.)


Post scriptum. Le nouveau délit créé cet été devrait nous rendre presque aussi bons en matière de lutte contre ladite « obsolescence programmée » que les anciens démocrates populaires des Länder de l'Est. C'est en tout cas ce que semble croire toute une gauche, qui, de façon plus générale, donne l'impression d'avoir retenu d'une lecture rapide de Foucault qu'il faut « surveiller et punir ». [Ajout du 25/09:] Comme on pouvait s'y attendre, la création de ce nouveau délit a été suivie par l'apparition d'un nouvel entrepreneur de morale, une association en l'occurrence, qui se donne pour objectif la construction d'une « société sans obsolescence programmée », ce qui passe, selon ses propres termes, « par la poursuite en justice des industriels ne respectant pas la loi ».

Ajout du 2/09. La condamnation du capitalisme au nom de l'écologie a plus de 25 ans. Dans le Programme commun de gouvernement Parti socialiste - Parti communiste du 27 juin 1972, au chapitre sur « la lutte contre la pollution et contre les nuisances » (chap. III, 6), on trouve le paragraphe suivant :

La pollution de l'eau et de l'air, les dégradations de la nature et des villes, les embouteillages et le bruit pèsent de plus en plus sur les conditions de vie de la population. Ces phénomènes ne sont pas des fatalités liées au progrès technique, au développement industriel ou à l'urbanisation. Le système capitaliste en porte la responsabilité.

Or la situation n'était pas meilleure dans les pays socialistes, bien au contraire. Le capitalisme, au minimum, n'était donc pas seul en cause. Mais ce n'était pas cela qui comptait. Dans le cadre de ce programme socialiste-communiste, il fallait, pour des raisons idéologiques et électorales, faire porter au seul capitalisme la responsabilité des dommages environnementaux. Dans ses Mémoires (Le voleur dans la maison vide), Jean-François Revel raconte qu'il avait rappelé à Mitterrand à ce sujet, dès 1972, « ce fait notoire que la pollution était mille fois pire dans les pays communistes ». Mitterrand demanda à voir le passage avant de s'écrier : « Non, pas possible ? Ils ont écrit cette ânerie ? » Mais le futur Président de la République se moquait bien du contenu du Programme commun, qu'il avait à peine lu.

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