Structures sociales et fondements biologiques : de la primatologie à l’anthropologie clinique

La parution et ma lecture à l’automne 2017 du livre à mon avis très important de Bernard Chapais, Aux origines de la société humaine. Parenté et évolution (aux éditions du Seuil), m’a donné l’idée d’une sorte de compte-rendu problématisé. J’y parle aussi du célèbre article de Bruno Latour de 1994 sur l’«interobjectivité» publié dans la revue Sociologie du travail, inspiré en partie par la lecture que faisait alors Latour des travaux de Shirley Strum sur les babouins (par exemple, en français, Voyage chez les babouins, Seuil, 1995), ainsi que des hypothèses de l’anthropologie clinique sur les troubles neurologiques de la personne. Mon texte est désormais disponible sur HAL. En voici le résumé :

Dès 1994, Bruno Latour observait l’existence d’un fond commun à la sociabilité humaine et à la sociabilité des autres primates, tout en soulignant la spécificité de la structure sociale humaine. De façon bien plus aboutie, le primatologue Bernard Chapais montre qu’il existe une structure sociale spécifiquement humaine, dont les origines phylogénétiques peuvent être reconstituées grâce à l’étude des primates. Sans la biologie, il n’est pas possible selon lui de remplir de façon satisfaisante le programme que définissait Lévi-Strauss pour l’anthropologie : mettre à jour les « lois universelles en quoi consiste l’activité inconsciente de l’esprit ». Notre texte entend montrer que la fidélité à ce programme ne passe pas seulement par la primatologie, mais aussi par une anthropologie clinique qui, pour définir précisément ce qui fonde l’existence d’une structure sociale humaine, faite de différenciation et de segmentation, tire partie des dissociations identifiées par la neuropsychologie.

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