Publi-reportage

La pratique du publi-reportage est ancienne. Mais d’ordinaire, le lecteur ou le téléspectateur est prévenu qu’il s’agit de publicité. TF1 – dont le métier consiste à rendre nos cerveaux disponibles pour Coca-Cola – n’a pas ce genre de scrupules. Jeudi 1er février, c’est Bill Gates que PPDA recevait au 20 heures. Interview extrêmement complaisant. Pas la moindre petite question pour titiller William Gates sur le caractère finalement peu innovant (mais très coûteux) de Vista. Pas la moindre petite question sur les dispositifs sécuritaires, au profit de l’industrie du spectacle, plus que des usagers, que contient cette nouvelle version de Windows. Pas la moindre petite question non plus sur le fait que Vista continue à violer délibérément les règles européennes. On change de chaîne, vraiment écoeuré par tant de servilité.

Dans une telle affaire, il n’y a finalement rien à dire contre Bill Gates. En tant que commercial n°1 de Microsoft, il fait la promotion du nouveau produit de sa boîte. Rien de plus normal. C’est son job. Mais du côté du journaliste c’est autre chose. Fait-il son métier ?

Je n’en sais rien, mais en tous cas, lui aussi fait son job. Celui d’acteur de spot publicitaire (comme Zizou avec Volvic). Ce que je prenais pour de la « servilité » avait une explication rationnelle (la rationalité de l’homo oeconomicus en tous cas). Car il s’agit bien de publicité. Nous n’avons pas assisté à un interview, mais bel et bien à un spot publicitaire. En effet, TF1 a signé un accord avec Microsoft pour faire la publicité de Vista. Le problème est que rien ne prévient le téléspectateur qu’il regarde non pas un journal mais un spot publicitaire…

En vidéo : l’innovation selon Vista

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