Livres
Jean-Michel LE BOT, Du développement durable au bien public : essai anthropologique sur l’économie et l’environnement. Paris, L’Harmattan, Logiques sociales, 2002.
Texte de la quatrième de couverture :
Popularisé par la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (Rio de Janeiro, juin 1992), le « développement durable » est généralement défini comme un nouveau modèle de croissance, respectueux à la fois des intérêts économiques, sociaux et écologiques.Alors que le productivisme caractéristique des sociétés industrielles aurait compromis les capacités de reproduction de la « biosphère », le concept de développement durable apporterait une solution en définissant les conditions que doit respecter le développement des activités économiques pour ne pas compromettre les grands ajustements d’un milieu naturel dont la reproduction commande toutes les autres.
Pourtant, il n’est pas sûr que le concept échappe à l’économisme que René Passet associait très justement au productivisme. Continuant à distinguer le social d’une part et l’économique de l’autre, même si c’est pour chercher à les concilier, le concept de développement durable participe finalement toujours de la « croyance économique » qui isole la « sphère économique », soit une catégorie particulière de pratiques, de l’ordre social dans lequel toute pratique humaine est immergée.
Peut-on se contenter de prétendre concilier trois sphères sans remettre en cause ni même interroger la pertinence de leur séparation préalable ? Ne faut-il pas aller plus loin pour tenter de penser d’une manière radicalement différente les relations de l’homme à la « nature » en réinterrogeant justement la validité de la distinction (trop) commune entre une sphère « économique », une sphère « sociale » et une sphère « environnementale » ?
Telles sont en tous cas les questions que pose l’auteur. Au terme de sa réflexion, il nous invite à ne plus confondre, dans une même « rationalité économique », l’utilité et l’efficacité de la production avec la légitimité de la satisfaction, sans oublier d’assumer de surcroît la responsabilité d’une histoire - plutôt que d’un « développement » - dont nous sommes toujours les acteurs.
Jean-Michel Le Bot, Aux fondements du lien social. Introduction à une sociologie de la personne. Paris, L’Harmattan, Logiques sociales, 2002.
Il s’agit d’un ouvrage d’introduction à la sociologie de la personne, qui replace dans l’histoire de la sociologie cette théorie sociologique particulière, élément de la théorie anthropologique plus générale qu’est la théorie de la médiation.
Texte de la quatrième de couverture :
Dans un contexte de forte progression du chômage tout au long des années 1990, les inquiétudes quant à une possible destruction du lien social sont venues occuper le devant de la scène. Elus, agents administratifs, professionnels du travail social, militants associatifs ont été appelés à se mobiliser contre l’exclusion et pour la restauration de ce lien. Pourtant, on ne pouvait manquer de constater, derrière la générosité du propos, les nombreuses hésitations, les tâtonnements et les imprécisions résultant d’une prise en compte plus intuitive que scientifique de ce qui fonde ce fameux lien social. Car, finalement, qu’est-ce que le lien social ? Qu’est-ce qui, fondamentalement, le conditionne ? Certes, depuis son apparition au XIXe siècle, la sociologie s’est attachée à répondre à ces questions en suivant une démarche qu’elle veut scientifique. Pourtant, une question n’a sans doute pas été posée jusqu’ici de façon suffisamment claire. Succédant à des approches qui, à la suite des travaux de Durkheim, envisagent l’homme social comme un produit de la société, la sociologie contemporaine est marquée par ce qu’Alain Touraine a appelé le retour de l’acteur. La réalité sociale - et donc entre autres le lien social - est désormais définie comme une « construction historique et quotidienne des acteurs individuels et collectifs ». Dans cette nouvelle perspective, le concept d’historicité acquiert une importance toute particulière. Mais si l’on s’accorde là-dessus, il reste encore à expliquer ce qui fait de l’homme un acteur, capable justement d’historicité.
C’est précisément ce que cherche à faire le présent ouvrage qui se veut introduction à une sociologie de la personne en montrant comment le lien social - en tant qu’il est humain - se construit nécessairement dialectiquement, dans le dépassement d’une rupture première. Ainsi, d’une façon qui n’est paradoxale qu’en apparence, c’est l’exclusion que l’on trouve au fondement du lien social.