Ferdinand de Saussure et la valeur en économie

17 mai 2010

Une petite réflexion à la va-vite : Ferdinand de Saussure définissait la valeur, à un premier niveau de généralité, comme « système d’équivalence entre des choses d’ordre différent » (travail/salaire, signifié/signifiant). Ainsi, la valeur d’une action, comme celle d’un mot, est d’abord définie de façon négative ou relationnelle, par tout ce qui l’entoure (l’action n n’est pas l’action n+1 et dans un capital divisé en 1000 actions, la valeur de chacune est 1/1000e alors que dans le même capital divisé en 10 000 actions, la valeur de chacune est 1/10 000e). Lire le reste de cet article »

Diên Biên Phù

8 mai 2010

Avec un jour de retard, pour le superbe concerto de l’adieu, écrit spécialement pour le film. En hommage aussi à l’acteur Maxime Leroux, décédé en janvier dernier.

Refroidissement printanier

5 mai 2010

En janvier 1789, le jeune François-René de Chateaubriand participe à Rennes aux états de Bretagne. Il relate les événements dans le premier livre des Mémoires d’Outre-Tombe :

Les états se tinrent dans le couvent des Jacobins, sur la place du Palais. Nous entrâmes, avec les dispositions qu’on vient de voir, dans la salle des séances ; nous n’y fûmes pas plutôt établis, que le peuple nous assiégea. […] Las d’être bloqués dans notre salle, nous prîmes la résolution de saillir dehors, l’épée à la main […]. Le peuple nous reçut avec des hurlements, des jets de pierres, des bourrades de bâtons ferrés et des coups de pistolet. Nous fîmes une trouée dans la masse de ses flots qui se refermaient sur nous. Plusieurs gentilshommes furent blessés, traînés, déchirés, chargés de meurtrissures et de contusions. Parvenus à grande peine à nous dégager, chacun regagna son logis.

Un camarade de collège de Chateaubriand avait été tué avant même ces rencontres, en se rendant à la chambre de la noblesse. L’écrivain interpelle alors son lecteur :

Lecteur, je t’arrête : regarde couler les premières gouttes de sang que la Révolution devait répandre.

J’ai pensé à ce passage en regardant les images de la Grèce aujourd’hui où les émeutes ont fait trois morts. Je n’ai bien sûr aucune idée de la façon dont nous sortirons de la crise. Il semble seulement, si on en croit ces graphiques sur le site de Paul Jorion, que les marchés n’aient guère été convaincus par le dernier plan de sauvetage de la Grèce : après être descendus à 10,279% le 3 mai, les taux d’intérêt à 2 ans sont remontés à 13,817% le 4 mai et à 14,906% le 5 [Ajout du 6/05]. Ceux du Portugal et de l’Espagne suivent le mouvement, bien qu’à des niveaux encore très inférieurs. Et je me souviens par ailleurs que la convocation des états généraux en 1789 fut rendue nécessaire par la banqueroute qui, comme le dit Marc Ferro, se profilait à l’horizon après « un demi-siècle de mauvaise gestion et de dépenses inconsidérées ».

Contrôle continu ou copier-coller ?

28 avril 2010

Avec le printemps viennent aussi les corrections des travaux d’étudiants du second semestre (qui se termine tôt en raison des deux sessions d’examen à organiser désormais avant l’été). Beaucoup de ces travaux qui donnent lieu à évaluation sont désormais réalisés dans le cadre d’un contrôle continu, qui prend de plus en plus de place par rapport aux classiques examens terminaux. Lire le reste de cet article »

The Lark Ascending

18 avril 2010

Un ciel vide d’avions, la campagne bretonne et ses airs d’English Countryside, les alouettes…

Quelques lectures et quelques liens

1 avril 2010

Relu, L’homme sans gravité. Jouir à tout prix, le livre d’entretiens de Charles Melman (avec Jean-Pierre Lebrun). Melman y annonce l’émergence d’un « nouvelle économie psychique » (NEP) dans laquelle le sujet se verrait sommé de se maintenir dans une « course à la jouissance » encouragée par le libéralisme économique. Comment éviter de se noyer dans cette sommation à jouir sans pour autant retomber dans la névrose freudienne ? Telle est la question sur laquelle ouvrent ces entretiens. Lire le reste de cet article »

Obéissance et éthique

22 mars 2010

Je reprends ici sous forme de billet un commentaire posté chez Verel en réponse à un billet portant sur le « Jeu de la mort ».

Je ne regarde quasiment jamais la télé et le battage médiatique qui a précédé la diffusion de cette émission mercredi m’a plutôt conduit à ne pas faire d’exception ce soir-là. Je me suis dit que passer une émission trash sous prétexte de dénoncer les émissions trash était assez hypocrite de la part de France 2 : « On fait aussi de la téléréalité, mais nous c’est pas pareil : c’est pour dénoncer la téléréalité ». Mouais… Enfin bref. Je n’ai pas regardé. Ai-je eu tort en ratant ainsi un formidable moment de sciences humaines ? J’en doute. En tous cas, me voilà dispensé de parler de l’émission elle-même.

Quelques mots par contre de l’expérience de Milgram. Lire le reste de cet article »

Le public fantôme - Walter Lippmann (1924)

15 mars 2010

Le public fantômeAprès quelques extraits de The Good Society dans le billet précédent, voici quelques extraits d’un autre ouvrage de Walter Lippmann, publié en 1924. Il s’agit des tous premiers paragraphes du livre.

Le citoyen aujourd’hui se sent comme un spectateur sourd assis au dernier rang : il a beau être conscient qu’il devrait prêter attention aux mystères qui se déroulent là-bas sur la scène, il n’arrive pas à rester éveillé. D’une façon où d’une autre, ce qui se passe le concerne, il le sait bien. Qu’il s’agisse des règles et règlements omniprésents, des impôts à payer chaque année ou des guerres qui surviennent à l’occasion, tout conspire à lui rappeler qu’il est pris de toute part dans le cours des événements. Lire le reste de cet article »

Walter Lippmann - The Good Society (1937)

4 mars 2010

C’est avec un certain enthousiasme que je lis actuellement le livre de Walter Lippmann, The Good Society, publié en 1937. Une traduction française (La cité libre) en avait été publiée dès 1938 par les éditions de Médicis, mais elle est depuis longtemps introuvable, sauf peut-être chez les bouquinistes. C’est la publication de ce livre qui motiva l’organisation du colloque Lippmann, qui, à la fin du mois d’août 1938, réunit à Paris un petit cercle de penseurs libéraux parmi lesquels, outre Walter Lippmann lui-même, on trouvait Raymond Aron, Friedrich von Hayek, Robert Marjolin, Ludwig von Mises, Michaël Polyani (le frère de Karl Polyani, l’auteur de La grande transformation), Wilhelm Röpke, Jacques Rueff, Alfred Schütz (la liste complète des participants figure dans le livre très documenté que Serge Audier a consacré à ce colloque). Lire le reste de cet article »

La bonne corruption russe et la mauvaise corruption ukrainienne !

22 février 2010

Était-ce un effet du positionnement des invités sur le plateau ? L’émission Ce soir ou jamais consacrée à la Russie le 17 février dernier m’a laissé une drôle d’impression. Face à trois chercheurs universitaires, Arnaud Kalika, Jacques Sapir et Emmanuel Todd, on trouvait un réalisateur de documentaires, Jean-Michel Carré, et deux journalistes, Galia Ackerman et Annie Daubenton. Lire le reste de cet article »


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