Histoires de France

23 décembre 2009

Je me suis laissé tenté l’autre jour en librairie par deux histoires de France. Celle de Jacques Bainville d’abord, qui date de 1924, rééditée en 2007 par les éditions Tallandier dans la collection Texto. Et puis celle de Marc Ferro, beaucoup plus récente, puisqu’elle est parue en cette année 2009 aux éditions Odile Jacob. Deux époques. Deux auteurs très différents aussi. L’histoire de Marc Ferro est celle d’un universitaire contemporain, co-directeur des Annales, directeur d’études à l’EHESS, dont les premiers travaux portaient sur la révolution russe, l’URSS, l’histoire et le cinéma. Politiquement, Ferro est proche de la gauche (en 2007, il était signataire d’un texte appelant à voter pour Ségolène Royal, « contre une droite d’arrogance » et pour « une gauche d’espérance »). Journaliste et essayiste, Bainville, lui, n’était pas universitaire. Monarchiste, proche de Charles Maurras, ce qui permet de le classer très à droite, il tenait la rubrique de politique étrangère dans le journal de l’Action française, avant d’être élu à l’Académie française dans le fauteuil de Raymond Poincaré (1935).

Tout pouvait donc laisser croire que leurs lectures de notre histoire allaient s’opposer. Et les deux ouvrages sont de fait bien différents. Pourtant, j’ai plutôt été sensible aux convergences. Lire le reste de cet article »

The Fool and the Knave

14 février 2009
Poor fool and knave, I have one part in my heart
That’s sorry yet for thee.

(W. Shakespeare, King Lear, Act III, Scene II)
Pauvre fou, petit drôle, il y a une part de mon cœur
Qui est triste même pour toi.
(trad. d’Yves Bonnefoy)

Dans son séminaire de l’année 1959-1960, L’éthique de la psychanalyse, lors de la séance du 23 mars, Lacan apportait quelques indications, qu’il voulait éclairantes, sur la position de l’intellectuel (je retranscris ci-dessous la sténotypie). Lire le reste de cet article »

Le vent souffle où il veut ou petite anthropologie de la météo

28 juillet 2007

Voilà, juillet se termine et l’on ne va pas tarder à trouver dans la presse les bilans touristiques du mois. Vu le temps qu’il a fait en Bretagne, il ne fait guère de doute que ces bilans seront plutôt médiocres. Leur existence même, en tous cas, montre que notre société urbanisée n’échappe pas aux rythmes saisonniers dont parlait Marcel Mauss. Chez nous comme chez les Eskimos, la vie sociale ne se maintient pas au même niveau aux différents moments de l’année. C’est en juillet-août que l’activité touristique des régions proches de la mer bat son plein, comme c’est en hiver que celle des stations de ski est au plus haut. Mais que le soleil ici ou la neige là-bas viennent à manquer et c’est toute la “saison” qui est compromise.
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