Note de lecture : Alain Ehrenberg, La société du malaise

25 juin 2010

C’est dans un commentaire d’un billet du mois d’avril qu’un de mes lecteurs me demandait mes analyses sur le dernier livre d’Alain Ehrenberg, La Société du malaise (Odile Jacob, 2010). Le commentaire ne venait pas sans raison (on comprendra pourquoi ci-dessous) après un billet où je mentionnais ma relecture de L’Homme sans gravité du psychanalyste Charles Melman, en faisant état d’une difficulté chez Melman liée à la conception (freudienne) de la perversion comme le négatif de la névrose.

Ayant lu depuis le livre d’Ehrenberg, je suis en mesure de répondre partiellement (par quelques questions inspirées de cette lecture) à cette demande qui m’était faite. Lire le reste de cet article »

La bonne corruption russe et la mauvaise corruption ukrainienne !

22 février 2010

Était-ce un effet du positionnement des invités sur le plateau ? L’émission Ce soir ou jamais consacrée à la Russie le 17 février dernier m’a laissé une drôle d’impression. Face à trois chercheurs universitaires, Arnaud Kalika, Jacques Sapir et Emmanuel Todd, on trouvait un réalisateur de documentaires, Jean-Michel Carré, et deux journalistes, Galia Ackerman et Annie Daubenton. Lire le reste de cet article »

Lectures

26 octobre 2009

Lus récemment :

Madeleine Laruelle, La quête d’une identité impériale. Le néo-eurasisme dans la Russie contemporaine, Editions Petra, 2007. Voir aussi le compte-rendu par Anne Le Huérou sur le site des Cahiers du monde russe.

Farhad Khosrokhavar et Amir Nikpey, Avoir vingt ans au pays des ayatollahs, Paris, Robert Laffont, 2009.

Quelques liens

17 octobre 2009

Le blog de Loïck Villerbu avec notamment ces « quelques remarques psychocriminologiques sur les agirs infractionnels dont la cible apparente est la réputation ou la notoriété » (voir aussi ses ouvrages).

L’idée d’une anthropobiologie chère à Jean Gagnepain ferait-elle son chemin… mais de façon indépendante et par d’autres voies ? Il y avait eu cet article d’Alain Ehrenberg dans Esprit. Il y a désormais celui-ci, de Maurice Bloch, dans un numéro de Terrain consacré au concept de personne.

Enfin, comme j’avais apprécié Les ghettos du Gotha, j’ai bien aimé l’interview de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon dans Le Monde.

Un consensus scientifique sur des questions normatives ?

11 octobre 2009

Le Codice (Conseil pour la diffusion de la culture économique) réalise du 5 au 15 octobre une enquête en ligne sur le consensus en économie, enquête qui « s’adresse aux économistes enseignants, universitaires, chercheurs, économistes d’entreprise ». Les résultats seront présentés et débattus, nous dit-on, lors d’une table ronde organisée dans le cadre des Journées de l’économie de Lyon, le 13 novembre 2009. Lire le reste de cet article »

Sociologie et neurosciences (1)

20 septembre 2008

J’avais annoncé dans un précédent billet un article sur le sujet “sociologie et neurosciences”. L’actualité m’amène à aborder la question un peu plus rapidement que prévu.

Une pétition lancée le 11 septembre dernier a recueilli à ce jour (20 septembre) plus de 400 signatures dont celles de certains de mes collègues directs, y compris ceux auxquels je dois le plus et avec lesquels j’éprouve le plus d’intérêt et de plaisir à travailler. Cette pétition s’intitule « les sciences sociales ne sont pas solubles dans les sciences cognitives ». Elle dénonce la référence exclusive aux sciences cognitives dans le domaine « cognition et comportement » du projet d’Institut national des sciences humaines et sociales (INSHS) du CNRS.

De quoi s’agit-il ? Lire le reste de cet article »

Economie et sociologie

5 juillet 2008

La publication du rapport Guesnerie sur l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée m’amène à revenir sur les liens entre la sociologie et l’économie. La presse, en effet, a eu tendance à parler d’un rapport sur l’enseignement de l’économie (voir une revue de presse sur le site de l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales) en oubliant le plus souvent qu’il traitait aussi de l’enseignement de la sociologie. Cet oubli à lui seul est d’ailleurs significatif, la sociologie ayant tendance à apparaître aux yeux du grand public comme la parente pauvre des sciences économiques et sociales, bien que les programmes du CAPES et de l’agrégation lui accordent une large part. Le rapport Guesnerie d’ailleurs le rappelle : Lire le reste de cet article »

Pour une anthropologie du libéralisme (1). Boudon avec Michéa ?

30 avril 2008

NB. Ce billet se présente comme le premier d’une série. Mais je ne m’engage pas à écrire la série, du moins sur ce blog. Il s’agit surtout d’une invitation à lire les auteurs cités.

Que peut dire un sociologue sur le libéralisme ? Quelle analyse peut-il en faire ?

Raymond Boudon, qui se présente lui-même comme un sociologue libéral, apporte quelques jalons relativement simples mais fort utiles (voir Renouveler la démocratie. Eloge du sens commun).

Il commence par se démarquer des libéraux intégristes :

On notera incidemment que, contrairement à l’opinion des libéraux intégristes, si le marché a incontestablement toutes sortes d’effets bénéfiques, il peut dégager aussi de remarquables effets pervers qui paraissent de surcroît difficiles à contrecarrer.

Cela lui permet de ranger au rang des libéraux jusqu’aux socio-démocrates allemands ayant rompu avec le marxisme depuis le congrès de Bad Godesberg en 1957 : Lire le reste de cet article »

L’avenir radieux

25 avril 2008

avenir_radieux_small.pngJe regardais hier soir l’émission C dans l’air sur France 5 consacrée aux Spéculateurs de la faim. Ce fut pour entendre Philippe Chalmin nous expliquer doctement que la spéculation, « jeu à somme nulle », « huile dans le moteur », « écume sur la vague », ne pouvait être rendue responsable de l’augmentation du prix des céréales, bien au contraire, et que « plus il y a de spéculateurs, plus nous sommes proches de ce que nous les économistes appelons la concurrence parfaite, c’est-à-dire une atomicité parfaite de l’offre et de la demande » (bref, plus on se rapproche de l’idéal). Mon propos n’est pas ici de rendre la spéculation seule responsable de la flambée des prix des denrées alimentaires. Il y a bien évidemment d’autres facteurs. Il ne s’agit pas non plus d’assimiler sans plus d’analyse marchés dérivés et spéculation. Il s’agit seulement de souligner la réponse imparable des doctrinaires du laisser faire confrontés aux effets pervers des marchés. Lire le reste de cet article »

Les frontières scientifiques du « post-modernisme »

21 avril 2008

Préparant un séminaire sur les lectures de Mai 1968 et de la mutation « post-moderne », je parcours le livre déjà ancien de Gilles Lipovetsky (L’ère du vide. Essais sur l’individualisme contemporain, 1983) pour y trouver page 177 la réflexion suivante :

Les années soixante et début soixante-dix sont des années avant-gardistes : le syncrétisme est la règle du moment, il s’agit de briser les frontières, de déconstruire les champs et concepts, de jeter des ponts entre les disciplines séparées et théories adverses. Le concept adopte la stratégie de l’ouverture et de la déstabilisation : freudo-marxisme, structuro-marxisme, freudisme structuraliste, antipsychiatrie, schizo-analyse, économie libidinale, etc. La philosophie refuse l’enfermement et adopte le style nomade. Lire le reste de cet article »


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