Semaine sainte (На Страстной)

На Страстной (Semaine sainte) est avec Рождественская звезда (L’É­toile de Noël) l’un des poèmes que Boris Paster­nak attribue au doc­teur Jiva­go. Écrit en 1946, le poème mon­tre la nature toute entière dans l’at­tente de la Résur­rec­tion. D’un point de vue théologique, on pense en le lisant à ce que dis­ait Serge Boul­gakov de la force de l’E­sprit comme «cette terre d’où toute chose a l’être, depuis le brin d’herbe jusqu’à l’homme. […] C’est le principe créa­teur de la vie que la piété païenne, sans le con­naître, hon­o­rait comme le “Grand Pan”, la Mère des dieux, Isis ou Gê» (Serge Boul­gakov, Le Par­a­clet, Lau­sanne, L’Âge d’Homme, 1996, p. 191). Le poème de Paster­nak-Jiva­go témoigne ain­si de la dimen­sion panen­théiste (et non pan­théiste), comme l’ap­pelait Boul­gakov, de la spir­i­tu­al­ité ortho­doxe. Cela est par­ti­c­ulière­ment net dans les stro­phes 4 à 7 ci-dessous: Con­tin­uer la lec­ture

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L’étoile de Noël (Рождественская звезда)

C’est le 6 jan­vi­er 1947 que Boris Paster­nak conçoit le poème, «L’é­toile de Noël» (Рождественская звезда), dont il entend d’abord le rythme, avec son alter­nance de vers courts et longs (voir ce qu’en dit Dmitri Bykov sans sa biogra­phie de Paster­nak). Mais Paster­nak ne le ver­ra jamais imprimé dans son pays. Le poème est inclus par­mi les vingt-cinq attribués par l’au­teur au doc­teur Jiva­go et paraît hors d’URSS en même temps que le roman, d’abord dans des tra­duc­tions. La tra­duc­tion ital­i­enne de Mario Socrate pour les édi­tions Fel­trinel­li de Milan (le roman lui-même est traduit par Pietro Zvet­eremich) est donc la pre­mière à être pub­liée en 1957, sous le titre «La stel­la di Natale». En voici les deux pre­mières stro­phes: Con­tin­uer la lec­ture

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Pouchkine et Tocqueville

Le pre­mier tome de la revue russe Le Con­tem­po­rain (Современник), imag­inée et créée par Alexan­dre Ser­gueïe­vitch Pouchkine, paraît à Saint-Péters­bourg en avril 1836. On y trou­ve une chronique de la vie parisi­enne entre les 10 et 22 févri­er de la même année, rédigée par l’his­to­rien et pub­li­ciste Alexan­dre Ivanovitch Tour­gue­niev. Le 16 févri­er, mar­di gras (les dates sont selon toute vraisem­blance celles du cal­en­dri­er gré­gorien), Tour­gue­niev passe la soirée à lire le livre d’Alex­is de Toc­queville, De la démoc­ra­tie en Amérique (plus loin “DA 1”), paru à Paris l’an­née précé­dente. Il cite dans sa chronique, en français, deux pas­sages de la fin du livre : Con­tin­uer la lec­ture

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Mensonge ou confabulation ?

Je vois pass­er beau­coup de com­men­taires, dans la presse et ailleurs, au sujet des men­songes de Don­ald Trump. Ça a encore été le cas après son dis­cours devant l’Assemblée générale des Nations-Unies, le 23 sep­tem­bre. Ain­si, tout ce qu’il a pu dire au sujet du réchauf­fe­ment cli­ma­tique ne serait que men­songe. J’ai pris le temps d’écouter l’ensemble de son dis­cours. Je n’y ai enten­du aucun men­songe. Car le men­songe sup­pose un cer­tain rap­port à la vérité. Le menteur con­naît la vérité, mais il choisit de ne pas la dire, soit par omis­sion de cer­taines faits, soit par la tenue de pro­pos délibéré­ment fal­si­fiés. Le men­songe implique, autrement dit, une inten­tion de trahir la vérité. Il peut s’accompagner d’une cer­taine cul­pa­bil­ité ou au min­i­mum d’un inquié­tude. Un enfant qui ment, par exem­ple, va pou­voir éprou­ver l’inquiétude que son men­songe soit décou­vert. La vérité, quant à elle, est indis­so­cia­ble d’une cer­taine forme d’autocensure ou de refoule­ment. Dire la vérité, c’est s’interdire de dire n’importe quoi. C’est, au besoin, pren­dre la peine ou le temps de véri­fi­er ce que l’on dit. Cela peut deman­der du temps, de la patience. Il n’y a pas de vérité sans accès à une capac­ité éthique ou morale de restric­tion et de véri­fi­ca­tion. Con­tin­uer la lec­ture

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Actualité de Richard Hoggart (2)

Cette sec­onde note sur le livre de Richard Hog­gart pour­ra être vue comme une sorte d’in­ter­mède musi­cal.
Dans sa présen­ta­tion de la tra­duc­tion française, Jean-Claude Passeron notait, dans une for­mu­la­tion savante que l’on ne trou­ve pas chez Hog­gart, que ce dernier s’ef­forçait “de trou­ver dans la struc­ture d’un sys­tème d’at­ti­tudes les principes qui com­man­dent la trans­for­ma­tion de cette struc­ture”. C’é­tait le cas par exem­ple quand Hog­gart obser­vait, selon Passeron, que “l’in­ter­pré­ta­tion des chan­sons de style rock con­for­mé­ment à l’id­iome mélodique du York­shire finit par les faire ressem­bler aux anci­ennes com­plaintes locales” (p. 23). Con­tin­uer la lec­ture

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