За тех, кто в море! (À ceux qui sont en mer !)

За тех, кто в море ! (À ceux qui sont en mer !) est une for­mule de toast tra­di­tion­nelle en russe, appelant à lever son verre en l’hon­neur des marins. Un arti­cle du blog Marin d’Ukraine (Моряк Украины) sur Live­jour­nal nous apprend que ce toast aurait été pronon­cé pour la pre­mière fois par le général-ami­ral Fiodor Golovine.

Mais si j’en par­le ici c’est parce que j’ai repen­sé à cette for­mule de toast en retrou­vant dans le reportage dess­iné de Ray­nal Pel­licer et Tit­wane (Édi­tions de la Mar­tinière, 2021), tiré d’une immer­sion de 18 jours à bord du porte-avions Charles de Gaulle, men­tion de la for­mule encore plus con­nue, attribuée tan­tôt à Pla­ton tan­tôt à Aris­tote, et que j’avais un peu oubliée : « il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont en mer » (en russe : „Есть три вида людей: живые, мертвые и те, кто плавают по морям“). Ray­nal Pel­licer (p. 108) pré­cise que la for­mule est prob­a­ble­ment apoc­ryphe et que sa pater­nité « devrait plutôt être attribuée à Anachar­sis ». Il ne donne pas de référence bib­li­ographique, mais on peut trou­ver des pré­ci­sions à ce sujet dans cet arti­cle de Jean-Marie Kowal­s­ki, his­to­rien de l’an­tiq­ui­té et respon­s­able depuis 2007 du départe­ment sci­ences humaines de l’É­cole navale (voir ici). La for­mule, selon Jean-Marie Kowal­s­ki, tire en quelque sorte la con­clu­sion de la réponse d’A­n­ar­cha­sis, ce sage orig­i­naire de Scythie, rap­portée par Dio­gène Laërce dans Vies, doc­trines et sen­tences des philosophes illus­tres, à quelqu’un qui lui demandait si les vivants étaient plus nom­breux que les morts : « Mais d’abord, ceux qui sont sur mer, dans quelle caté­gorie les rangez-vous ? »

L’anec­dote, très exacte­ment, fig­ure au livre I (§ 104), de l’ou­vrage de Dio­gène Laërce :

Ἐρωτηθεὶς πότεροι πλείους εἰσίν, οἱ ζῶντες ἢ οἱ νεκροί, ἔφη, « Τοὺς οὖν πλέοντας ποῦ τίθης; »

(Inter­rogé au sujet de > lesquels sont les plus nom­breux, les vivants ou les morts, il dit : « Ceux qui nav­iguent, où donc les places-tu ? »)

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