À propos de l’esthétique de la terre d’Aldo Leopold : cosmologies et axiologie

À lire dans Tétralogiques en français ou en anglais, un nou­v­el arti­cle dont voici les résumés :

Dans l’Almanach d’un comté des sables, le foresti­er et éco­logue Aldo Leopold a posé les bases d’une éthique de la terre indis­so­cia­ble d’une esthé­tique. L’article s’appuie sur l’exégèse de Leopold par John Baird Cal­li­cott pour pré­cis­er ce qui fait la nou­veauté de cette esthé­tique de la terre par rap­port à l’esthétique du pit­toresque que les Occi­den­taux ont héritée du XVIIe siè­cle. Il en prof­ite pour appli­quer l’argumentation de Cal­li­cott au cas de la Bre­tagne. Il se pour­suit par une dis­cus­sion de l’esthétique de Leopold elle-même. Après avoir relevé que cette esthé­tique peut sem­bler très éli­tiste, il tem­père en soulig­nant que le change­ment de regard pré­con­isé par Leopold est poten­tielle­ment acces­si­ble à tous, même s’il reste rare en rai­son de con­di­tion­nements soci­aux. Il ter­mine en mon­trant que l’importance accordée par Leopold aux schèmes con­ceptuels autant qu’à l’expérience sen­sorielle est cohérente avec ce que nous apprend la glos­solo­gie de la façon dont fonc­tionne la représen­ta­tion. Mais il souligne surtout la dimen­sion pro­pre­ment axi­ologique de l’esthétique et de l’éthique de Leopold, fondées sur ce que ce dernier appelait une lim­i­ta­tion volon­taire.

In A Sand Coun­ty Almanac, forester and ecol­o­gist Aldo Leopold laid the foun­da­tion for a land eth­ic that is insep­a­ra­ble from an aes­thet­ic. This arti­cle draws on John Baird Callicott’s exe­ge­sis of Leopold to clar­i­fy what is new about this aes­thet­ic of the land as opposed to the aes­thet­ic of the pic­turesque that West­ern­ers inher­it­ed from the 17th cen­tu­ry. It takes the oppor­tu­ni­ty to apply Callicott’s argu­ment to the case of Brit­tany. It con­tin­ues with a dis­cus­sion of Leopold’s aes­thet­ic itself. After not­ing that this aes­thet­ic may seem very elit­ist, it mod­er­ates by point­ing out that the change of view advo­cat­ed by Leopold is poten­tial­ly acces­si­ble to all, even if it remains rare because of social con­di­tion­ing. It ends by show­ing that the impor­tance giv­en by Leopold to con­cep­tu­al schemes as much as to sen­so­ry expe­ri­ence is coher­ent with what glos­sol­o­gy tells us about the way rep­re­sen­ta­tion works. It con­cludes by empha­siz­ing the axi­o­log­i­cal dimen­sion of Leopold’s aes­thet­ics and ethics, which are based on what Leopold called a vol­un­tary lim­i­ta­tion.

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